• 560_201093Bellflower enflamme le cinéma indépendant !

     

    Le projet de Bellflower trainait dans les tiroirs d'Evan Glodell depuis 2003. Après 7 ans de galère pour arriver au projet final et un budget quasi ridicule, le film fut présenté au festival de Sundance. Dans Bellflower réside une part de la magie du cinéma indépendant.

    Le pari etait osé : scénario, réalisation et rôle principal pour Evan Glodell. Et c'est un pari réussi ! Le film dégage à la fois une certaine maturité couplée d'une audace juvénile. Premièrement, le pitch plutôt surréaliste : deux jeunes amis réalisent leur rêve d'enfant en construisant un lance-flamme ainsi qu'une voiture apocalyptique prénommée "La Medusa" mais la rencontre avec Milly, la blonde platine, va bouleverser les projets des deux amis.

    L'ambiance du film et l'esthétique vintage, nous transporte dans une amérique où le temps semble s'être arrêté, attendant l'apocalypse... Les couleurs sont chaudes, les plans audacieux, tour à tour brutal et lent bousculant ainsi le spectateur et l'envoyant parfois dans les cordes. Il existe dans ce jeune cinéma de Glodell un romantisme profondement pessimiste laissant les personnages consumer le temps présent sans jamais faire allusion à un avenir radieux.

    Mais qui dit oeuvre de jeunesse dit erreurs de jeunesse. Alors forçons l'indulgence au vu de la qualité du film. Passons les minimes effets de style moyennement maitrisé, et les quelques passages un peu trop lents.

    Bellflower est un grand premier film, Evan Glodell est à suivre de très près. Voila tout !

    B.B.


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  • Hunger Games

     

    Un film qui nous laisse sur notre faim

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    Adapté du best-seller mondial de Suzanne Collins, Hunger Games relate le destin de Katniss Everdeen, jeune fille courageuse et hargneuse, plongée dans un futur proche, où la désolation et les ruines du monde passé sont désormais le quotidien. Les USA sont devenus Panem, nation divisée en 12 district spécialisés dans une activité particulière (agriculture, mines…); le Capitole, la capitale de la Nation où luxure et opulence règnent. Chaque année, par sanction pour une rébellion antérieure, chaque district doit envoyer deux jeunes ados combattre à mort dans un show télévisé, les Hunger Games.

    Le pitch donnant l’eau à la bouche, on pouvait s’attendre à un grand moment, mais malheureusement le plat manquait de consistance. Même si le casting est à la hauteur – mention spéciale à Jennifer Lawrence, révélation de Winter Bones  et future star– le film ne dépasse jamais son statut de film pop-corn pour teenagers. En voulant édulcorer le film autant que possible, en ne faisant que suggérer toute violence, Hunger Games manque cruellement de rythme et la réponse apportée par Gary Ross en dynamitant sa mise en scène par une caméra à l’épaule omniprésente n’est qu’illusoire. Là où Battle Royale n’avait pas peur de trancher dans le vif et là où le livre n’hésitait pas non plus à montrer la cruauté de cette histoire, le film dénature cette histoire en refusant la classification « déconseillé aux moins de 16 ans ».  

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    Au final, il ne reste qu’un simple divertissement, quelques scènes intéressantes, un peu d’action … pas vraiment suffisant pour 2h22 de pellicules. On regrettera aussi l’absence de critique de l’univers dans lequel est transposée l’histoire, cette lutte des classes exacerbée, la violence banalisée et les abus de la télé-réalité. Le seul moment où le film aurait pu atteindre sa dimension politique (la rébellion du district 11), celle-ci est balayée aussi rapidement qu’elle est apparue.

    Toutefois, la recette du blockbuster est bien maîtrisée : une grosse cuillère de grands décors, une bonne poignée de personnages stéréotypés, une pincée de romance, le tout saupoudré d’action et d’effets spéciaux mais l’assaisonnement rendra difficile la digestion. La volonté du studio et la quête financière l’ont emporté sur l’aspect cinématographique, dommage !

    C.


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  • Perfect Sense

     

    Un film qui trouve du sens !

    David Mackenzie retrouve son acteur vedette deYoug Adam, Ewan McGregor, pour ce film sensoriel. Plongé au cœur d’une épidémie sans précédent, le spectateur devient le témoin de l’amour passionnel qui va unir Michael (McGregor) et Susan (Eva Green) alors que tout s’écroule autour d’eux. Peu à peu, en raison d’une maladie mystérieuse, les êtres humains perdent leurs sens (d’abord le goût puis l’odorat…), pour autant, le monde ne s’écroule pas, les hommes apprenant à vivre dans ces nouvelles conditions. Le monde tel qu’on l’a connu ne devient qu’un lointain souvenir, nostalgie d’une vie pas si regrettée, l’épicurisme se trouvant désormais ailleurs. Comme Darwin l’avait prédit en son temps, l’homme serait bien capable de s’adapter à un environnement dénaturé de son essence même.

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    La force du film tient en sa forme, alors que l’on pouvait s’attendre à une ambiance post-apocalyptique, la caméra nous transporte dans un drame sentimental, l’épidémie n’étant qu’une variable de cette histoire d’amour. Le talent des deux acteurs principaux rend cette rencontre aussi crédible qu’elle en est sublimée par la simplicité dans laquelle ils essayent de vivre leur béguin. Peu importe que nos sens se dérèglent, le cœur lui a toujours ses raisons. Néanmoins, si cet aspect est entièrement réussi, le choix de ce genre particulier pour décrire la relation entre les deux protagonistes est assumé mais pas réellement maîtrisé. La façon dont est traitée cette épidémie souffre d’une certaine naïveté et simplicité (recours à des montages photos, vidéos pour montrer la désolation partout sur la planète). Ce côté pub/ campagne de sensibilisation n’entache toutefois pas la qualité du long-métrage même si on regrettera quelques errances scénaristiques (notamment la profession de Susan, épidémiologiste, qui n’apporte absolument rien).

    En préférant l’intime et la simplicité à l’épique et aux grands décors, David Mackenzie parvient à nous faire vibrer pour cette romance autant que la surprise nous gagne au fur et à mesure de l’évolution de l’épidémie. Ne cherchez plus, le vaccin se trouve dans votre cinéma !

    C.


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  • Bullhead

     

      Du cinéma Belge gonflé aux hormones 560_204375

     

    Film phénomène du cinéma Belge, ce dernier raconte le parcours de Jacky, un agriculteur impliqué dans le trafic d'hormone, dont il est lui même consommateur. Après l’assassinat du commissaire de Police chargé d’enquêter sur le trafic d'hormones, tout s’accélère, et le passé de Jacky resurgit.

         Dans un cinéma Belge parfois méconnu mais souvent reconnu, Bullhead et ses 20 nominations dans les festivals fait figure d'exemple. En dressant le portrait glaçant de réalisme d'une campagne froide et reculé, Michael Roskam fait baigner le spectateur dans un sentiment de tension extrême.   Le personnage de Jacky (Matthias Schoenaerts) par son agressivité prête à exploser à chaque instant, renforce cette tension. Mathias Schoenaerts réalise d'ailleurs ici, une performance d'acteur incroyable. Lentement, Bullhead vous enfonce dans les troubles du personnage, dont l'autodestruction constitue le seul fil conducteur, relayant ainsi l'intrigue policière au second plan.

         La camera brillamment maîtrisée, à l'image de la scène de la boite de nuit où l’esthétisme des couleurs et des effets captivent le spectateur, parfaire encore le tableau

    Pas toujours facile d'accès, Bullhead vous invite néanmoins à un voyage intérieur terrifiant, si vous l'acceptez.

    A.D


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  • Cloclo

     

    Plus d’appétit qu’un Baracuda ?

    Mode du biopic oblige, il fallait bien qu’un jour quelqu’un s’attaque au mythe Claude François. C’est Florent Emilio Siri (Nid de guêpes, L’ennemi intime ou encore Otage) qui a accepté de relever le défi. Décidant de traiter l’ensemble de sa vie, du jour de sa naissance à celui de sa mort, le réalisateur réussit un tour de force en maintenant un rythme soutenu durant les 2h28 du film.

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    Pour parvenir à ce résultat, il a décidé de confier le rôle principal à l’excellent Jérémie Rénier, transcendé par le rôle, accompagné de Benoît Magimel (acteur fétiche du réalisateur), méconnaissable en Paul Lederman et de Monica Scattini en Chouffa François. Pour répondre à la fougue de Claude François, Siri a opté pour une caméra en quasi mouvement perpétuel forçant le spectateur à suivre le rythme de l’idole des minettes. De plus, là où le film est aussi très pertinent, c’est qu’il n’est pas dans l’adulation, l’éloge naïf d’un personnage. En effet, Claude François est traité sans aucune complaisance, il apparaît comme un éternel insatisfait, instable, perfectionniste obsessionnel qui le pousse à agir tel un Big Brother.

    Ne tombant jamais dans la caricature, tout est montré, et qui plus est superbement, notamment le manque d’affection paternel, blessure jamais cicatrisée. Le travail sur la photographie est d’une grande qualité, notamment les scènes en Egypte ou encore dans les moments où Jérémie danse au ralenti sous le feu des projecteurs, rompant avec le déchaînement des filles en furie. L’homme n’existe que sur scène, adulé, il est heureux; dans l’envers du décor, il ne fait que survivre pour trouver un bonheur qui ne pourrait exister que dans la perfection. Lorsque les paillettes tombent, il ne reste plus qu’un homme dans la peur, lorsque le générique tombe, il en reste un film bien plus grand qu’un simple biopic.

    Faire renaître de ses cendres, Claude François pouvait paraître impossible. Pourtant, ce film en plus de ravir les fans du chanteur ravira les amoureux du 7ème Art. Les filles défilent, sa vie aussi, les paillettes tombent, les souvenirs restent, Claude François est devenu un mythe, ce film est à sa hauteur.

    C.


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  • Les Adieux à la Reine

     

    Des bombes à Versailles !

    Voici le casting le plus glamour qu’ait connu le cinéma français depuis longtemps : Diane Kruger, Léa Seydoux et Virginie Ledoyen réunies au sein du même film. Surprise, Benoit Jacquot, le réalisateur, a décidé de les envoyer au château de Versailles sous le règne de Louis XIV. Alors forcément, on commence à imaginer les fameuses soirées de la Cour, avec des gens peu vêtus dansant et s’éprenant sur des airs de Johann Ernst Bach. Désolé pour toi, jeune homme en rut, mais cette scène n’arrivera jamais, l’histoire se déroulant en Juillet 1789, période peu propice pour festoyer.

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    Outre cette déception, seule et unique du film, les 1h40 du film se transforment en une leçon de cinéma. Diane Kruger excelle en Marie-Antoinette, Léa Seydoux émerveille en fidèle servante de la reine, les deux accompagnées de seconds rôles tous plus parfaits les uns que les autres (mention spéciale à Xavier Beauvois en Louis XVI, il fallait y penser !). Néanmoins, la réussite de ce film ne se résume pas à la prestation de ses acteurs, le travail de Benoit Jacquot étant d’une rare qualité, le tout agrémenté d’un scénario à la hauteur de l’évènement. Aidée de nombreux décors, la retranscription de l’époque est superbement réussie et l’excellente mise en scène trouvera son point d’orgue dans la scène du face-à-face entre la Reine et sa confidente interprétée par Virginie Ledoyen.

    Aucune fausse note à relever, longue vie au Roi et à la Reine !!!

     

    C.


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  • Young Adult

     

    Une comédie sans grand intérêt

    Evènement dans le monde de la comédie américaine indépendante, le réalisateur Jason Reitman retrouve sa scénariste de Juno, Diablo Cody, pour sa quatrième réalisation Young Adult. Cette fois-ci, c’est Charlize Theron qui est chargée de porter le film sur ses épaules.

    young adult movie charlize theronDevenue Mavis Gary à l’écran, auteur de romans pour jeunes filles en fleurs, elle décide de retourner dans la ville de son enfance pour reconquérir son ancien petit-ami lorsqu’elle apprend que celui-ci vient de devenir père.

    Malgré l’apparente puissance comique qui se dégage de ce pitch, force est de constater que la transposition à l’écran se fait avec difficulté. Certes, quelques scènes prêtent au sourire, mais pour les franches rigolades, vous pouvez passer votre tour ! Pourtant, tous les ingrédients du succès étaient réunis : un casting parfait, un bon scénario, un metteur en scène talentueux. Mais à vouloir se reposer sur ses lauriers, le réalisateur en a oublié de prendre des risques. Il en résulte une banalité, une accumulation de clichés et un manque d’ambition qui plombent tout espoir de faire de ce film une réussite. Seul élément de fraicheur dans cette platitude cinématographique, la prestation de Patton Oswalt qui vaut à elle-seule le détour et constitue l’attrait principal de ce film… un peu insuffisant pour l’achat d’une place de cinéma !

     

    C.


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  • La Dame en noir

     

    Harry Potter est de retour

    Pour son premier film post-Potter, Daniel Radcliffe a choisi de revenir sans ses lunettes rondes au début du XXème siècle. Désormais connu sous le nom de Arthur Kipps et devenu jeune notaire, il doit se rendre dans un petit village reculé afin de régler une succession. Malheureusement pour lui, au lieu de trouver l’hospitalité des villageois, Arthur va devoir faire face à des esprits et fantômes.

     

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    Ne maintenons pas le suspens plus longtemps : le retour est raté et il faudra encore attendre pour qu’on oublie le petit sorcier balafré. Réalisé par James Watkins (Eden Lake et spécialiste du genre), ce film d’horreur pâtît d’un rythme bien trop lent pour pouvoir maintenir le spectateur en haleine. Outre le fait qu’on a du mal à imaginer Daniel Radcliffe en père de famille, certainement en raison de son visage d’éternel adolescent,  le problème du film se situe en son scénario (ou en son absence, à vous de voir). Ironie du sort, si Daniel arrive à être effrayé par cette dame en noir (après avoir pourtant dézingué Voldemort et nombre de ses créatures amies), le spectateur, lui, ne sera que peu intimidé. Même si quelques effets de surprise pourront provoquer certains sursauts, l’ambiance, le manque de style et l’absence d’originalité empêchent le film de fonctionner.

    En d’autres termes, il vaut mieux retourner faire un tour du côté de Poudlard que d’essayer, même par curiosité, d’aller voir ce qui se passe dans les rues du petit village perdu de Crythin Gifford.

     

    C.


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